de Marco » Ven 18 Déc 2009 08:26
Bonjour à vous tous,
Je viens de retrouver dans des papiers, un texte que j'avais écrit à l'intention de mon psychologue analyste il y a deux ans sur mon ressenti de phobie sociale.
J'ai pensé que cela pourrait vous intéresser, voici ce qui pour moi est vraiment caractéristique d'une phobie sociale sévère et que j'ai vécu des années.
A.Je vois arriver une personne dans la rue au loin sur le même trottoir que je vais devoir croiser. Impossible de changer de direction ou de traverser, elle s'apercevrait déjà de ma fuite.
1.Je suis comme "habité", envahi dans mes pensées par la gène et paralysé par l'idée que cette personne va se faire de moi.
2.Je suis gêné parce que cela c'est déjà produit maintes fois et que ça c'est toujours mal soldé pour moi.
3.L'idée qui envahie mes pensées à chaque fois est que je suis mal dans ma peau et que la personne qui me croise va s'en apercevoir à mon attitude. Ma respiration devient bloquée et je ne respire plus normalement.
4.Je baisse les yeux ou feind de regarder ailleurs (ça peut être la même chose surtout assis dans un bus, dans le métro, dans une salle d'attente, en face de quelqu'un et c'est insupportable) mais je reviens au visage de l'autre et à son regard.
Plusieurs fois cette attitude finie par attirer l'attention de la personne en face c'est normal...(mais je ne le savais pas avant).
5.Je ne peux m'empêcher (habité que je suis par la pensée qu'elle va me juger (car sa proximité me gène),de vérifier si elle me regarde,(forcément ça finit par attirer son attention! c'est naturel!), de jeter un oeil à son visage et à ses yeux quand elle passe à mon niveau pour en "tirer" une expression et une conclusion qui confirmera ma peur:
a.Elle a le visage sévère et les sourcils froncés= elle s'est aperçue de mon "manège" et est en train de penser que je suis bizarre.
b.Elle me fixe dans les yeux= elle trouve que je suisn embarassé et me montre sa supériorité en me fixant ou elle n'a jamais vu une personne aussi mal à l'aise que moi.
c.Elle tousse ou se râcle la gorge (hem hem !), c'est le signe qu'elle exprime un rejet de mes regards insistants et apeurés (qui n'a jamis vu les yeux d'un chat qui a peur, ses billes sont rondes, plus grosses et denses et centrée vers l'intérieur, on dit qu'il est effaré (synonymes:abasourdi, affolé, ahuri, effrayé, étonné, hagard, stupéfié, troublé.) Il en est de même pour notre regard humain et ça ne passe pas inaperçu de quelqu'un qui vous regarde!
Je voudrais faire une parenthèse importante car je pense à l'éreutophobie, la peur de rougir. Rougir ou avoir les yeux effarouchés et tenir cette pensée obsédante n'est pas de la timidité !
Aussi je m'étonne que dans leurs livre et rien que dans le titre:" La peur des autres : Trac, timidité et phobie sociale" de Christophe André et Patrick Légeron, spécialiste à Sainte Anne hôpital central à Paris sur la recherche des maladies mentales, le sujet soit ramené à de la timidité !
Un timide va comme on dit "piquer un fard" qui va s'évanouïr aussi vite qu'il est apparu car il n'en est pas obsédé et qu'il n'y pense même pas. Un phobique socile comme dans l'exemple que j'expose ou un éreutophobe (qui va rougir parce qu'il y pense) en sont obsédé !
Ce livre n'est pas assez profond et survole le problème comme une "vulgarisation " grand public et c'est dommage. C'est peut être dû aux exigences de titre des éditeurs, mais je n'y ai pas trouvé en grosses lettres le symtôme de phobie sociale bien expliqué comme vécu de l'intérieur et pourtant ces médecins consultent tous les jours des phobiques sociaux... bref, c'est pour faire de l'argent ces livres. Il y a de quoi être insatisafait.
d.Elle fait signe, appelle ou rit avec une personne à côté= c'est encore pire, elle parle de moi et se moque de moi (parfois c'est faux, et c'est une coincidence qu'elle parle à quelqu'un à coté d'elle et ça n'a rien à voir avec moi, mais moi je le crois, et d'autres fois, c'est vrai, ce qui confirme tout ce malaise.
Dans le cas d'éreutophobie (peur de rougir et rougissements prolongés avec paralysie et suffocation) dont j'ai aussi souffert, on peut être sûr que ça se voit !
J'espère avoir apporté ma pierre à l'édifice de façon plus précise que dans certains livres.
Bien à vous.
Marco