QUEL EST LE RAPPORT DE LA PHOBIE A L'ANGOISE DE SEPARATION ?

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QUEL EST LE RAPPORT DE LA PHOBIE A L'ANGOISE DE SEPARATION ?

Message de bleuet » Dim 10 Jan 2010 08:13

Annie BIRRAUX "Les Phobies" Que-sais-je? Collection. Ed. Puf

Dans la 2ème partie "la théorie psychanalytique des phobies"

Dans le chapitre 3 "quelques questions restées en suspens"

Annie Birraux pose:
"QUEL EST LE RAPPORT DE LA PHOBIE A L'ANGOISE DE SEPARATION ?

_Rappelons que l'angoisse de séparation est une manifestation développementale du sujet humain qui apparaît normalement au cours du huitième mois pour cesser au cours du premeier trimestre de la deuxième année et réapparaître avec des intensités variables dans les années suivantes.
Elle se traduit par des réactions particulières de l'enfant devant des visages non familiers et si elle a intéréssé les psychanalystes qui ont pu noter sa fonction organisatrice, elle a aussi questionné les éthologues puisqu'il s'agit d'une réaction qui existe chez le jeune animal à la perception du premier schème ennemi.

Quiconque a eu l'occasion d'observer un enfant à la fin de sa première année sait reconnaître dans ses mimiques -du détournement des yeux ou de la tête aux cris et pleurs, de la mimique angoissée au désir de dissimuler son visage- les manifestations de cette angoisse que l'on dit aussi "de l'étranger et qui est contemporaine de la constitution de l'objet total et de l'acquisition de l'éprouvé de la permanence de l'objet."

Dans toutes les histoires phobiques on peut repérer des craintes de la solitude, la peur d'être seul, de "lâcher la main de sa mère", au point que certains ont pu postuler la phobie comme mise en scène des vicissitudes de cette angoisse du huitième mois. L'angoisse de séparation est associée à l'aversion des jeunes enfants pour l'école (laquelle n'est pas nécessairement une phobie). Elle semble contre-investie dans le choix des objets contra-phobiques. Cependant comme l'angoisse de l'étranger coîncide psychogénétiquement avec l'amorce de l'élaboration de la position dépressive, c'est-à-dire avec l'éprouvé de la différenciation, on peut admettre que c'est une angoisse de cette qualité que l'on retrouvera chez les sujets éprouvants douloureusement leur néoténie, leur impuissance, leur détresse à s'aider eux-mêmes, et ce quel que soit leur âge sans pour autant associer systématiquement phobie et angoisse de séparation. La peur de perdre l'objet, la difficulté à se séparer ou au contraire la fuite en avant qui sont des caractéristiques des conduites phobiques participent aussi d'angoisses narcissiques, angoisses de se perdre quand se profile le moment des identifications oedipiennes." Fin.

Du condensé d'intelligence dans des ouvrages riches avec Annie BIRRAUX.

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