Phobie sociale

Témoignages



Histoire d'Emilie

Espérance81
Envoyé : 22/05/2005 20:49

Bonjour à tous. Je m'appelle Émilie. J'ai 23 ans et je suis étudiante à Lyon. Pour résumer rapidement ce qui m'amène à vous écrire, je dirais que je suis agoraphobe depuis toujours il me semble. Ce n'est que depuis 3 ans qu'un psychiatre à Lyon (connu d'ailleurs, il s'appelle Frédéric Fanget) m'a effectivement diagnostiqué une phobie sociale.

Je vous avoue que c'est presque un soulagement de pouvoir mettre un nom sur toute cette souffrance accumulée depuis si longtemps. Ensuite, après de nombreuses pérégrinations incluant tentatives de suicide à répétition, une longue et intense dépression, un entourage qui vous comprend de moins en moins et vous juge de plus en plus, j'en arrive finalement à rencontrer le docteur Cottraux (un des meilleurs spécialistes des troubles anxieux- il exerce à Lyon; pour les personnes que ça intéresse, il faut à peu près compter une année pour obtenir un rendez-vous....) et à intégrer un groupe de thérapie (12 séances dont la dernière eut lieu en janvier dernier).
Je dois dire qu'au point où j'en étais, ce ne fut que bénéfique. J'ai pu petit à petit reprendre mes études car jusque là je ne sortais JAMAIS toute seule et même accompagnée c'était atroce de sentir le regard des autres sur moi... Donc, oui, la thérapie m'a beaucoup aidée, cependant, j'ai toujours beaucoup de mal à affronter tous ces regards, tous ces gens, surtout en ce moment car je dois bientôt effectuer un stage de 2 mois en région parisienne.... Je suis terrorisée à l'idée de me retrouver dans une si grande ville, dans les transports en commun (ma bête noire...) et dans une grosse entreprise dans laquelle j'ai tellement peur de ne pas être à la hauteur... Il y a toujours en moi, quoi que je fasse et où que je sois, quelque chose qui m'angoisse énormément: les principaux signes sont le mal de ventre permanent et une transpiration handicapante qui peu à peu est justement devenue une obsession (peur de transpirer devant des gens donc peur de faire du sport en public, peur de l'été etc....) Un cercle vicieux infernal contre lequel je me bats depuis si longtemps.
Je dois dire que je suis très souvent gagnée par l'épuisement et la dépression mais que malgré tout je constate une force en moi qui me donne l'espoir et le courage de me battre, chaque jour, chaque minute et chaque seconde qui me confronte au monde. De toute manière on a pas le choix. On a beau être aidé (par la famille, les psys ou les médicaments), la seule personne capable de nous sortir de là c'est nous-mêmes. Il faut Y CROIRE et continuer à se battre et accepter d'être faible et de pleurer aussi souvent que nous en avons besoin.
J'ai la chance d'être sur la bonne voie, même si je suis consciente que le chemin est encore long pour ressentir cette sérénité tant espérée et pour cela j'aimerais énormément rencontrer certains d'entre vous qui le désirent et qui en sont capables pour parler de nous, de la souffrance, de nos progrès, de la vie en général.
Je suis à Paris les mois de juin et juillet et à Lyon le reste du temps. N'hésitez pas à me contacter, je suis convaincue que la solitude ne fait qu'aggraver le mal et nous enfonce dans une mésestime de nous-mêmes assez effroyable... Courage à tous vers le chemin du mieux-être. Emilie.


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Interrogations phobie sociale

Céline-et-Seb
Envoyé : 07/05/2005 10:41
Je ne sais pas trop par où commencer, malgré plusieurs années de maladie il est encore très difficile pour moi d'en parler. J'en ai marre de devoir trouver des excuses auprès de mes amis (qui sont de plus en plus rares) pour
refuser leurs invitations, marre que l'on pense de moi que je suis une fainéante qui ne recherche pas d'emploi.
Mon médecin m'a prescrit des antidépresseurs est-ce la solution? Je ne sais pas vers qui me tourner (psy, thérapeute,...)?  Merci de me conseiller.



Myrmé
Envoyé : 09/05/2005 13:33
Bonjour, je m'appelle Fred et j'ai 25 ans. Phobie sociale, tel est le terme employé par un psychiatre que j'ai consulté. Je ne peux plus sortir de chez moi, ne répond pas non plus au téléphone et ne vois plus ni famille, ni amis depuis presque 6 mois (mis à part quand je bosse). Énormément de difficulté à aller vers autrui et encore plus pour leur adresser la parole. J'ai vu un psychothérapeute (40 euros la séance, non remboursé) pendant 4 séances. Nous avons parlé, beaucoup parlé, je me suis confié
et j'en ressortais toujours avec une sensation de bonheur presque parfait. Mais le bonheur laissa place à la déprime chaque lendemain de consultation chez le psychothérapeute. J'ai donc décidé d'arrêter et de voir un psychiatre (60 euros la séance, remboursé en partie). Après 45 min d'entretien: "phobie sociale", tel est le terme employé pour qualifier mes diverses angoisses. Il m'a également prescrit des antidépresseurs pendant un mois. Point assez positif qu'est la prise de ces médicaments mais un bémol malgré tout, quant à la descente qui m'engouffrait totalement dans une déprime très prononcée. J'envisage de commencer une TCC après avoir trouvé un médecin pratiquant cette thérapie. J'espère avoir pu répondre à une de tes interrogations et te souhaite beaucoup de courage. @+


Pertinence d'une PS

Cobalt329 en réponse à Message 12
Envoyé : 14/01/2009 12:26
Je réponds à ton mail. Je ne suis pas souvent sur le forum car étant une personne qui a un travail, je demeure
précaire et c'est beaucoup lié à ma PS.
Que notre difficulté émotionnelle et psychologique soit liée à un gène, à une raison organique ou à un environnement psychologique, trouver l'origine ne résoudra pas forcément mieux le fait que nous devions vivre avec, tant bien que mal. Je crois qu'il est en effet bon de se faire aider, à travers les soins aussi divers soient-ils, et adaptables à chacun.

Mais notre réalité a peu de chance de changer,
la vie sera toujours particulièrement complexe et éprouvante pour nous. Par contre, cela ne nous empêche pas de lutter pour éviter l'écrasement dans nos fragilités. Le but demeurant celui de vivre au mieux, car n'oublions pas que nous avons la faculté d'être heureux et de rendre les autres heureux. Notre PS est certes un gros handicap, mais elle nous enrichit aussi à travers notre hypersensibilité. Je pense que vivre sa PS commence par une acceptation, notre vie en souffrira, mais cela ne va pas dire qu'elle ne se réalisera pas et ne parviendra pas à se maintenir malgré les aspects destructeurs de notre fragilité : dépression, alcoolisation, enfermement, difficulté à s'inscrire dans le monde du travail, tendance suicidaire. Notre pire danger, c'est la désocialisation ! Cela nous tue à petit feu.
En ce moment, après avoir finit par trouver un taf quand je désespérais de pouvoir en tenir un, j'y suis arrivée. Rien d'idéal, mais suffisamment pour vivre et m'assumer dans cette société. C'est très important pour un PS de ne pas être dépendant, ou de se sentir dans un monde à part de celui qui "serait vivant" quand l'autre reste celui où on meurt.
Je crois qu'il ne faut surtout pas chercher à devenir comme les "autres", d'abord les autres ont tous des problèmes "autres" et propres à leurs histoires personnelles. Par contre, je crois qu'il faut travailler sur la quête de son plaisir, celui à trouver en étant parmi les autres. Je pense que nous devons faire cet apprentissage douloureux et en même temps bénéfique pour nous. Être à l'abri, nous en avons besoin plus que les autres pour nous recentrer, nous relâcher après toutes les tensions et angoisses que provoque en nous l'extérieur, mais il est bon de tenir un certain équilibre. Avoir un but, un achat, un projet, une activité, tout cela nous pousse dehors et c'est bon. Aussi imparfaits qu'on ait été, peu importe, on n'est pas resté à culpabiliser sur nôtre "lâcheté", c'est à dire soumis à la peur.
 
Peu importe si l'on a bafouillé, eu le coeur battant comme une surchauffe frôlant la panique, l'essentiel c'est d'avoir fait un pas, avancer dans ce qu'on veut faire ou obtenir. Le jugement de l'autre nous est insupportable et bien moquons nous en du mieux que nous pouvons. Quelle importance parmi ces millions de gens d'avoir l'air bizarre ou pas comme il faut, de toute façon ce n'est pas en restant figé sur ma peur que je vais aller mieux ni parvenir à construire un échange ou un lien. En plus la vie offre certes beaucoup de dureté, d'indifférence, voir d'irrespect, surtout dés qu'elle sent l'autre vulnérable, mais elle offre aussi de belles rencontres où l'autre apprécie au-delà de notre phobie, qui nous sommes, notre personnalité.
 Le tout n'est pas d'avoir la vie qu'on aurait eu si et si...on n'était pas PS. Si nous le sommes, nous le resterons, même en allant beaucoup mieux, notre vécu aura inscrit cela en nous. Par contre ce que nous pouvons changer, c'est notre façon
d' assumer notre phobie
, comme une honte, ou comme une fragilité qu'il faut apprivoiser en soi. La reconnaissance, nous ne l'aurons pas, les maladies psychologiques ont peu de suffrages parmi l'empathie, on s'en méfie trop, cela fait peur !!! Or, il y a des personnes qui sont bien plus malades que nous et bien plus dangereusement, mais cela n'a tout simplement pas la conséquence de les désocialiser.




La voix

framboisette2204
Envoyé : 29/11/2005 17:31
Bonjour, je suis phobique sociale et cela fait peu de temps que j'ai mis un nom sur le mal. Parler en public, en groupe autour d'une table, même parler de moi sont tellement difficiles pour moi (rougeur du visage, palpitations, sudation...) qu'il m'arrive souvent de les éviter. Depuis Avril 2004, je prends du Deroxat, un antidépresseur qui m'aide énormément et qui fait disparaitre toutes ces sources de mal être. Mais je suis consciente que prendre des antidépresseurs n'est qu'une béquille provisoire et qu'il va falloir s'attaquer au problème avec l'aide d'un psy. D'après tout ce que j'ai pu lire sur le sujet, il apparaît qu'une des meilleures thérapies soit la TCC.
Si vous avez suivi ce genre de thérapies, si vous avez un avis sur le sujet ou si vous connaissez une autre méthode plus efficace, je serais très contente de pouvoir avancer sur le sujet!
Merci.
JM

Fearlessmu1
Envoyé : 29/11/2005 21:17
Je viens de lire votre message. Je ne vis pas en France mais en Israël donc je ne peux pas vous donnez des personnes susceptibles de vous aider mais en tant que professeur de chant et rééducatrice de la voix j`ai eu l`occasion d`avoir parmi mes élèves une conférencière prise de panique récente et nous avons travaillé sur la conscience de la voix et elle a repris, pour mon plus grand bonheur, ses conférences. Je pense qu'il serait utile de vous enregistrer et d'apprendre à vous écouter parler de la même façon que depuis l`enfance vous vous regardez dans la glace. Votre voix est la vôtre et
le nombre de personnes qui vous écoutent n'est pas la racine du problème mais le manque de confiance en soi. L'apprentissage et la gestion de la parole par des techniques vocales et plus profondes vous donneront la force et l'assurance de parler en public. Je vous recommande aussi d'essayer de prendre des cours de théâtre, cela vous libérera très rapidement. Je vous souhaite le meilleur.



Témoignage phobie sociale et alcool


De lauvah8 envoyé le 31/05/2008 15:42
Bonjour, je suis nouvelle sur ce site et je souffre de phobie sociale depuis 13 ans. Je n'ai pas pu faire d’études à cause d'elle. J'avais réussie à trouver un emploi excellent mais j'ai du le fuir tellement cette peur commandait mes journées. Actuellement je suis en invalidité. Cette pieuvre m'empêche de conduire ma vie telle que je l'entends.
Je reste cloîtrée chez moi alors que je cherche le contact éperdument. Je suis obligée de m'alcooliser pour faire des rencontres et ne pas dévoiler cette faiblesse. Et surtout ne pas rougir pour rien. A cause de ma phobie je suis devenue alcoolo dépendante. C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour me sentir exister. Mais ce produit que je nommais auparavant comme un élixir je souhaite m'en débarrasser et être aussi a l'aise en société. Surtout ne faites pas comme moi ne croyez pas que l'alcool est une solution. C' EST UN PIEGE. Je pense que l'on peut s'entraider. A plusieurs on se sent plus fort. J'habite dans la région parisienne 92. Je souhaiterai me faire un cercle d'amis qui ressent la même chose. Eh oui cette saleté de pieuvre qu'est la phobie sociale ne m'a pas autorisé l'accès à l'amitié!! A bientôt.


De : patibel2 envoyé le 14/09/2008 17:08
Bonjour, j’ai 50 ans et autant d'années de phobie sociale, enfin avant ont me disais plutôt timide. En fait je ne sais que depuis que quelques années que je souffre de cela, par contre ce que je sais, c'est que
depuis mes 18 ans je suis une alcoolique chronique ! Je m'étais en effet bien vite rendue conte que en buvant un verre, j'avais tout de suite plus d'assurance et voilà, à présent je me retrouve plus alcoolique et suicidaire que phobique !
Depuis 1991 je suis invalide et j'ai été hospitalisée au moins une trentaine de fois !
Alors fais très attention à l’alcool, c'est ton pire ennemi et ne te guérira certainement pas de ton problème de phobie. Fais toi plutôt aider par un psy et ce qui n'est pas mal (et même très bien) c'est la thérapie comportementale.
Moi à part les pros, personne ne pourrait dire que je souffre de ce mal (phobie) ou même que je suis timide, car depuis des années
je joue un jeu, une autre personnalité que je montre aux autres, mais ....qu’est ce que c'est fatigant !!! Et sous l'emprise de l'alcool ....qu'est ce que j'ai pus faire comme bêtises !!!
Bien à vous
Pati


De : inconscience Envoyé : 28/09/2007 18:28
Salut, j'ai 22ans et je souffre de phobie sociale depuis 6ans! Je ne fais plus rien, de toute façon je ne peux rien faire, j'ai pratiquement tout essayé entre les médicaments, les psy, l'hôpital, en vain j'ai compris qu'il n'y avait que moi même qui peu m'en sortir! Je n'ose pas parler à des gens qu'ils soient de ma famille ou pas!
J'ai trop peur de mes tremblements, mes rougissements, mes yeux fuyants le regard des autres ! Je panique toutes ces pensées s'enchaînent je ne me contrôle plus et c'est très très gênant!! Voir honteux! En plus je souffre d'anxiété aigue! J’ai toujours mal quelque part! Je suis "tombée" dans l'alcool pour pouvoir de temps en temps vivre normalement avec des gens, mais bon aujourd’hui je ne le fait plus car je voudrais pouvoir vivre sans dépendance car cela n'arrange rien! Bisous à toutes et à tous!



De : ailleurs Envoyé : 03/01/2007 15:07
Bonjour, je suis atteinte de phobie sociale en plus d'une anxiété aigue chronique! Tout cela a débuté vers mes 14 ans (j'en ai 22 aujourd’hui) par des crises de spasmophilie, échec scolaire complexe physique, je me suis mise à boire, fumer, je m'enfonçai sans m'en rendre compte! Et puis petit à petit, paf ! Traitement médicaments, psychiatre, il y a deux ans j'ai même essayé l'hôpital, rien à faire je tombai encore plus, j'ai voulu avoir bonne conscience et essayer de prendre soin de moi toute seule et maintenant
j'en arrive à un point où je ne sais plus. Je n'ai plus de contact extérieur, même ma famille je ne la vois plus! Je suis en permanence paniquée de peur de voir quelqu'un, je ne vais même pas sur ma terrasse, ni à l'épicerie du coin je me sens agressée par le regard d'autrui, comme s'ils percevaient ma honte, ma gène, je ne sais plus comment il faut être même pour dire bonjours je ne sais plus s'il faut sourire, compatir… C’est trop dur. Je suis toujours embarrassée, j’étais en parfait contrôle de moi et maintenant je n' arrive même plus à me mettre un petit masque à cause de gène physique qui ne cesse d'augmenter (tremblement, rougissement pour n'importe quoi, peur de rencontrer les yeux des autres!..) Je me sens horriblement seule et pourtant je sais que j'ai de l'entourage, des amis, de la famille! Enfin bon c'est dur d'expliquer tout ça en quelques phrases, enfin je suis contente pour la première fois d'oser en parler sur un forum, j'avais vraiment du mal!! Si des personnes vivent la même chose ...



Il y a 10 ans de résumés ici
Trouble de personnalité évitante


Damdamboy
Envoyé : 24/05/2003 16:18
Je m'appelle Damien et j'ai 27 ans. C'est la première fois aujourd'hui que je viens sur ce forum. J'ai lu quelques uns des témoignages ici présents et j'ai eu l'impression de plus ou moins m'y reconnaître.
Pour résumer mon parcours, j'ai toujours été quelqu'un d'assez timide depuis l'enfance, mais
sans que je m'en rende compte, à partir de l'adolescence, cette timidité est devenue pathologique
au point d'éviter toutes les situations dans lesquelles je n'étais pas à l'aise. En plus, plus j'évitais, plus je culpabilisais et je souffrais. À côté de mes semblables, j'avais l'impression d'être un extra-terrestre et je pensais véritablement qu'il n'y avait que moi qui vivait un truc pareil. Bref, j'étais le mec sans charisme, sans conversation, je passais des heures le nez dans les bouquins, alors j'étais considéré comme l'intello de base... En même temps, même si j'avais quand même deux ou trois bons copains (en particulier Christophe et Sébastien, je n'étais pas pestiféré pour tout le monde), j'enviais et je jalousais tous ces jeunes de mon âge qui sortaient en bande, qui faisaient la fête jusqu'à 3 plombes pendant que moi je lisais enfermé dans ma piaule. En fait, je me souviens que j'ai vraiment commencé à m'isoler à partir de l'âge de 15 ans lorsque j'ai été victime d'une agression sexuelle par des jeunes de mon âge, sujet sur lequel je ne m'étendrai pas ici (j'ai tellement eu honte que je n'ai jamais porté plainte – c'était en 1990 on m'aurait ri au nez à l'époque, et de ce fait je l'ai tu pendant des années); mais il est vrai qu'à partir de ce moment là, je me suis mis à détester les gens de mon âge, à devenir méfiant. En plus, j'étais devenu moitié parano, persuadé que tout le monde que ce soit au village ou au lycée était au courant. C'est de là qu'a vraiment débutée ma crainte du regard des autres, du jugement. Par exemple, je passais dans un couloir du lycée, des jeunes étaient en train de rigoler, je le prenais pour moi. C'est horrible de vivre comme ça. Et puis en novembre 1993, un mois après mes 18 ans en fait, à force de tout garder, parce que j'encaissais vraiment tout, j'ai fait ma première crise d'angoisse. J'ignorais totalement ce que ça pouvait être et j'ai cru que j'allais crever surtout que c'était au milieu de la nuit. Ma mère m'a dit que ça allait se passer, je me suis calmé comme j'ai pu. Mais les crises se sont multipliées, et quand ce n'étaient pas des attaques de panique, c'étaient des migraines incessantes, des douleurs intercostales, le coeur qui battait à tout rompre, des vertiges, des sueurs, des rougeurs, la gorge nouée, la voix cassée et d'autres bonnes choses. Le médecin chez qui ma mère m'avait conduit à l'époque, a mis tout ça sur le compte que c'était l'année du bac et que je stressais à cette idée. Foutaises, d'abord cela faisait depuis la seconde que je suivais péniblement... Je ne me souviens même plus de la médication qu'il m'avait donnée à l'époque. 1994 se passe plutôt mal. Je loupe le bac même si mon instinct inné de survie m'avait permis de commencer mes révisions trois mois avant la date fatidique. Déçu, je me mets à glander, je suis oisif. Cependant, le fait de ne plus être exposé à l'école me fait du bien. J'arrive néanmoins à décrocher un petit boulot dans le secteur hospitalier pendant les vacances. Ça me botte. Je demande à y rester. Refus, il faut une qualification pour bosser en hôpital. Ayant pris soin de ne pas remplir de dossier de redoublement après mon échec à l'oral du bac, je ne retourne pas à l'école à mon grand soulagement... Je pars à l'armée pour mettre un peu de distance entre ma famille qui est aussi disjonctée que moi (je ne ferai pas de rapport sur mon père et ma mère, mais bon à l'époque c'étaient pas des cadeaux). Pour la première fois de ma vie, même si j'en chie comme un voleur, je m'épanouis. Parce que je suis encadré par des mecs psychologiquement forts, parce que je fais du sport et que ça me purge l'esprit, parce que je sors en bande pour la première fois de ma vie, parce que je m'éclate, je me prends des cuites, parce que là où je suis on me connaît pas.

Bref, je m'affirme, je deviens un type carrément différent. Deux ans après, quand j'en sors, le mec timide et renfermé a laissé place à la grande gueule extravertie, plus sûr de lui qu'avant. Une vraie école de la vie. Je me la pète grave au volant de ma 205 pourrie (j'ai quand même mis des années à l'avoir mon foutu permis). Je traîne avec les jeunes que je rêvais de fréquenter depuis toujours. Mais bon, rebelote, je tombe très vite dans le tourbillon de l'alcool, le shit... mais surtout l'alcool qui va durer pendant des années, et qui va me permettre, contrairement à l'armée de m'affirmer de manière artificielle tout en me détruisant. Ma vie est un désastre, je fais un boulot de merde dans une usine de merde (je suis dépité, j'ai repassé mon bac en candidat libre et je l'ai obtenu et je fais un boulot de blaireau).
Je prends conscience de mon homosexualité, j'essaye de m'affirmer en tant que tel, bang je me casse la gueule,
je ne plais pas aux gays, ils me regardent eux aussi comme un phénomène. Dépité par cet échec, je m'isole de nouveau et je redeviens une personnalité évitante comme au point de départ mais juste avec le blues, la mélancolie. Je n'ai plus de symptômes puisque je sais gérer: les symptômes, les crises d'angoisse... Y'a juste l'humeur que j'arrive pas à gérer. Alors quand je suis triste, hop, je prends la bouteille de whisky et glou et glou... Ça me conduit encore plus à l'isolement. Je suis seul, je rumine, je fulmine. J'osais pas aller au devant des gens mais là j'y vais encore moins. J'ai emménagé dans un appart, je n'en sors pas, excepté pour aller au ravitaillement. Je suis à chier avec les copains qui viennent me voir... Je deviens fou, hypocondriaque, dépressif, triste et seul. J'ai Internet pour seul compagnon. Je mange sur le pouce pour retourner à l'ordi au plus vite, je dors peu et je fume beaucoup, et je continue de mettre toutes mes dernières capacités physiques dans mon travail à l'usine où d'ailleurs je ne parle plus à personne.

Août 1999, Internet me rend tout de même un service, il me permet de mettre un nom sur ma saloperie de maladie: la phobie sociale doublée d'agoraphobie (j'ai peur des foules et de m'éloigner de chez moi), je lis toutes les docs à ce sujet, les témoignages, les clés pour s'en sortir etc...

Mais je n'ai pas le déclic, j'ai besoin d'un coach. Quelqu'un qui me connaisse bien, qui me comprenne, qui ne soit pas psychotique ou névrosé, qui soit sain de corps et d'esprit. Je l'ai sous la main depuis des années en plus, mais comment je n'y ai pas pensé plus tôt ? Christophe. Il m'a toujours soutenu, sans s'apitoyer sur mon sort et en m'encourageant à aller de l'avant. Le hasard fait que je me retrouve à bosser dans la ville où il bosse lui aussi.
Il me propose qu'on se prenne un appart pour les deux, pour des raisons financières "et comme ça je t'aurai sous la main pour t'éviter de faire des conneries". Il s'est franchement trempé le maillot, il m'a aidé à me reconstruire physiquement et mentalement. Il m'a apporté tout ce qui me manquait: une hygiène de vie. Il m'a refait manger sain et équilibré (sa cuisine était aussi bonne que celle de maman), m'a interdit de boire, m'a remis au sport, m'a forcé à me faire violence pour sortir, il m'a convaincu que je n'étais absolument pas forcé de faire des trucs que j'avais pas envie. Il m'a aidé à me reconstruire pendant deux ans. Maintenant, grâce à lui, même si tout est pas encore gagné, je ressors, je vois du monde, je m'implique au sein d'une association, je positive, j'évite l'évitement, je m'expose, j'affronte, je suis souriant, j'ai réorienté ma vie professionnelle vers une autre voie. Quand j'ai le blues, je m'occupe et ça passe. Bref, j'ai pratiquement tout pour trouver le bonheur... Mais il me manque toujours un petit copain gay à mes côtés. Le fait d'avoir cohabité avec quelqu'un pendant 2 ans m'a donné envie de recommencer. Et si je passe par ce site pour lancer cet appel ce serait pour savoir s'il y a des phobiques sociaux gays qui aient le même profil que moi et avec qui je pourrais entamer une correspondance...
Merci de m'avoir lu jusqu'au bout, c'était long mais
il y a 10 ans de résumés ici...

Damien



Je suis phobique sociale et j'ai 20 ans


Milkylou
Envoyé : 27/01/2005 18:12
J'ai 20ans. Je suis PS depuis plus de 5 ans. Je suis en train de rater mes études. Je n'ai pas d'amis, pas de petit ami. Je me nourris mal, je dors mal. J'ai consulté au moins 5 psychologues cognitivo-comportementalistes. Faudrait-il essayer les thérapies de groupe? Cela a t'il marché pour l'un d'entre vous? Mes parents ne comprennent pas. Ils ne m'ont même pas soutenue pendant mes dépressions. Je pense que si je suis PS c'est que je suis quelqu'un de faible, que c'est ma personnalité. Je ne comprends pas les autres, ils me font peur, je ne leur fait pas confiance. EST-CE QUE QUELQU'UN EST RÉÉLEMENT SORTI DE LA PHOBIE SOCIALE ? EXISTE T' IL UN ANCIEN PS QUI A MAINTENANT UNE VIE SOCIALE ET PROFESSIONNELLE ÉPANOUIE? SOMMES-NOUS CONDAMNÉS À CETTE VIE DE CHIEN? À quoi bon s'accrocher à une vie de souffrance s'il n y a pas de solution? Je ne veux pas d'une vie de frustrations.


Milkylou
Envoyé : 07/02/2005 16:21
Bonjour, je ne vais pas me représenter, ceci n' est pas mon premier message. Deux problèmes liés à ma PS sont invivables: 1) LA CULPABILITE 2) LE FAIT QUE MON ENTOURAGE ME PRENNE POUR UNE FOLLE. En effet
mes parents pensent que je suis tout simplement une grande fumiste qui prétexte un mal absurde pour ne pas faire d'études supérieures. Ils savent que je ne vais pas bien mais très objectivement, cela ne les intéresse pas. J'ai essayé d'en parler à mes cousins et cousines ainsi qu'à
un garçon qui voulait sortir avec moi mais moi....j'avais peur de l'embrasser...car l'affection me fait perdre mes moyens je ne comprends pas qu'on puisse vouloir mon bien c'est plus fort que moi...c'est même violent...cela me pousse à l'autodestruction. Expliquer mon mal à ces personnes s'est très mal passé. Les 1ers n'ont pas compris, mais je me contente de leur gentillesse et de leur affection, sentiments que je découvre depuis quelques mois, sans lesquelles je ne serais peut-être plus là aujourd'hui... Le 2ème qui vexé m'avait laissé tombé me prend pour une dingue et m'évite. C'est très douloureux car c'est exactement ce que je redoutais et cela me sensibilise. Je suis parano et de surcroît les rapports physiques me dégoûtent lorsqu'il s'agit d'agir, et je n'y vois que des mauvaises intentions de la part de mon partenaire... Enfin je vous en serais très reconnaissante si vous pouviez m'indiquer une documentation, une marche à suivre pour faire accepter son mal, et parallèlement arriver à croire que ce n'est pas de ma faute. Car ces deux problèmes m'empêchent d'en finir avec la PS. MERCI.


Témoignages Phobie scolaire
"En fait ils font une phobie sociale"

De : honesty620 Envoyé : 05/02/2007 20:04
Bonjour,
Je suis Brigitte et je suis la maman de David qui va avoir 12 ans en mars, et est en phobie scolaire depuis le 19 janvier 2006, cela traînais depuis 2 mois environ mais nous ne pensions pas que cela était très grave, il a été malade pendant 1 semaine et la veille du jour où il a du reprendre il s’est mis à pleurer je ne l’avais jamais vue comme cela donc nous avons revu le docteur qui a prolongé l’arrêt de quelque jours.
Le lundi nous avons levé le ton et cela a été une
catastrophe il s’est mis à hurler à se débattre et à se cogner la tête contre le mur, cela a été un cauchemar, lui qui adorait l’école, à ce jour il étudie au cned et voit la psy chaque semaine c’est un besoin, il se plaint souvent de maux de tête et est souvent fatigué car il étudie tout seul, j’essaie de rester zen mais c’est difficile.
A bientôt

Réponse
De : Letbounic1 Envoyé : 05/02/2007 23:27
Bonsoir. Je suis la maman d'un ex phobique scolaire. Mon fils en a été atteint à l'âge de 12 ans aussi. Il a réussi à reprendre le chemin du collège après deux ans d'interruption.
Surtout ne vous fâchez pas cela ne sert à rien. Si vous le pouvez prenez un RV avec un comportementaliste. C'est ce qui a sorti mon fils de cette phobie. Il va vous falloir beaucoup de patience, de courage. Ayez confiance en vos enfants. En fait ils font une phobie sociale: comme la première crise de panique a lieu au collège cela se transforme en phobie scolaire. Ne faites pas une fixation sur l'école, c'est trop tôt. Je veux bien correspondre avec vous, il n'y a pas de problème et avec votre fils aussi. L'ayant vécu j'ai compris beaucoup de choses. Je pense que votre enfant est un bon élève, a des copains, mais surtout est quelqu'un d'hyper sensible. Mon fils a cru devenir fou: vous vous rendez compte avoir peur d'aller en classe! Quelle honte! Tout y est passé. Et ce regard des autres quelle importance cela prend à leurs yeux !

De : Letbounic1 Envoyé : 12/02/2007 18:42
Bonsoir. Tout me rappelle mon fils au début de sa phobie. Pour résumer mon fils a été atteint de phobie scolaire durant deux ans et tant que nous avions pas compris cela a été l'horreur pour nous et surtout pour lui.
Pour résumer on dit phobie scolaire car la première crise de panique a lieu en classe, alors dans leur subconscient école égal danger. La première crise aurait lieu dans un bus il aurait la phobie des bus...
Ce que vit l'enfant est terrible:
il veut aller en classe mais il ne peut pas. Vous vous rendez compte et en plus nous parents au moment où nous ne comprenons pas, nous les forçons, nous les raisonnons, nous les engueulons...
Ils croient devenir fous, et nous nous culpabilisons (c'est ma faute, c'est ta faute, qu'est ce qu'on a fait, qu'est ce qu'on n'a pas fait....) et là le cercle infernal commence: l'enfant qui ne peut plus aller en classe, va raisonner de la façon suivante: je ne vais plus en classe mais je vais au sport et là je vais rencontrer un copain qui va me dire: tu ne vas pas à l'école et tu vas au sport donc tu n'es pas malade, ah bon tu as peur d'aller à l'école... Donc l'enfant ne va plus pouvoir sortir...
Le profil de ses enfants phobiques en général est le suivant: enfant intelligent,
enfant introverti et surtout enfant d'une hyper sensibilité.
Sachez aussi que pour le corps, un enfant qui a une crise de panique, c'est l'équivalent d'un jogging de 20km! Eh oui.
Mon fils en est sorti, cela a été un travail de tous les jours durant deux ans, mais quelle récompense de le voir mener une vie normale de jeune de 16ans!


Symptômes de phobie sociale :

De : phobie222 Envoyé : 25/11/2002 08:07

Voilà mes symptômes de phobie sociale :
-Peur d'être regardée (transports en commun, cantine, bureau, cours)
-Je me sens "habitée" par la personne sur laquelle j'ai jeté les yeux et mon dévolu. Insupportable.
-De ce fait, déconcentration totale. S'en suit de longues coupures où je suis toute à la pensée que je suis regardée. Pensées parasites cauchemardesques qui se terminent en rêveries... fuite, puis retour à la concentration et re-fixation etc. Cercle vicieux.
-Les mimiques faciales des gens (pas de sourire me fait penser à ce qu'on me fait la tête, un froncement des sourcils me fait penser que je dérange, et si la personne en face de moi au bureau ne me parle pas, cela me fait réagir qu'elle pense du mal de moi)

TOUT est faussé. Je m'énerve contre ces gens à cause de ce faux ressenti et après j'en subis les conséquences en fâcheries, exclusion... (Pourquoi tu me regardes comme çà ? Pourquoi tu ne me parles pas... pourquoi tu me souris plus... que je dis).

C'est la même chose avec mon ami! Il dit que je m'énerve toute seule. Ma vie est en train de se gâcher et je pleure.

-Peur de manger sous le regard des autres, d'inviter ou de me faire inviter pour les phobies que j'ai décrites.

Je suis seule, je n’ai pas d'amies, et mon ami avec qui je vis maritalement commence à se lasser.

Je vis dans les fantômes, les scénarios catastrophes, les faux a priori et ce n'est pas un pléonasme! Les fausses croyances, des idées fausses qui envahissent toutes mes journées.

Toutes mes perceptions sociales sont déformées.
En plus, en parallèle, je fais une grosse dévalorisation de moi-même et de dureté du jugement sur moi.
Je suis comme cela depuis l’école. Voilà mon témoignage.



De : phobik911 Envoyé : 15/06/2006 21:52
Bonjour à tous
Je suis nouveau sur ce site (24 ans) et à lire vos témoignages j’avoue retrouver un peu d’espoir.
Je pense avoir toujours été vu comme une personne timide par l’ensemble de mon entourage. Cependant je n’ai jamais pu partager ce handicap avec des amis ou même mes parents sans doute par peur de ma part d’avouer cette phobie et être face à elle.
En fait,
je peux passer de bons moments avec des personnes pourvus qu’elles ne dépassent pas le nombre de … 2 et qu’on soit dans un milieu isolé. Dans le cas contraire je ne suis pas vraiment à l’aise et j’ai peur du regard des autres, je réfléchis à mille fois avant de parler, d’où la perte complète de spontanéité … J’évite donc ces situations, et je pense donc souffrir de phobie sociale.

J’ai eu une relation de 5 ans avec une personne il y a 1 an. C’est une personne avec qui j’ai pu me confier, partager des moments très complice et donc prendre de la confiance en moi. Mais ceci a eu un vice puisque ça m’a poussé à vouloir la garder pour moi, et donc à être jaloux et de plus en plus possessif. C’est ce qui a entraîné notre rupture.

J’ai par la suite fait une dépression mais ça a été l’élément déclencheur pour vouloir s’affranchir de ce handicap puisque j’ai suivi une psychothérapie. J’ai compris que la relation que j’ai eue avec
mon père est à l’origine de ce mal puisque je retrouve la peur de son jugement à travers le regard que les autres ont sur moi ce qui est la cause de mon blocage, de mes peurs en société.

Je pense donc que ne pas avoir pu communiquer pendant mon enfance et adolescence est à l’origine de ma phobie mais avoir trop partagé ces angoisses avec mon ex me l’a fait perdre.

Aujourd’hui je me dis que le meilleur remède pour vaincre cette phobie est de faire violence progressivement en se confrontant directement à elle. Bien plus facile à dire qu’à faire…


De : zazatopeck Envoyé : 19/11/2006 19:02
Bonjour,
Moi aussi, définie comme timide au départ (toute petite), je suis en fait phobique sociale.
C'est en effet
épuisant de jouer la comédie toute la journée, de faire en sorte de ne pas être remarquée, de faire attention à ne pas décevoir pour ne pas se faire rejeter !


De : petite.ste Envoyé : 23/06/2005 15:23
Bonjour à tous :-)
J’ai lu quelques messages par-ci par là, surtout ceux de personnes souffrant de phobies sociales.
Ce que je vais vous dire va certainement vous paraître inutile et stupide, mais si ça a marché pour moi, ça peut marcher pour tout le monde!
Jusqu'à l'an dernier, j'étais une autre personne. Je veux dire que j'avais peur sans cesse de tout et de tout le monde. C'était plus que de la timidité ou que du renfermement. J'étais simplement incapable de vivre. Et je crois qu'au fond je n'en avais pas vraiment envie..."pour quoi faire? Ce monde est sombre et pourri, il ne peut rien m'offrir! A quoi sert-il de vivre si ce monde n'est que souffrance? Tout le monde souffre!"
Ca, c'est ce que je pensais avant. J'en étais profondément persuadée, c'était ancré en moi comme des impuretés dans de l'ambre, et tenter de les enlever ne faisait que me briser encore plus…
Est-ce que toutes ces horreurs que j'avais vécues (des proches qui sont morts, l'un après l'autre, des coups répétés reçus dans mon enfance, la solitude, le rejet des autres, l'incompréhension,...) est-ce que tout ça était juste une excuse pour ne pas faire l'effort de me relever? Ou était-ce bien réel?
Et Surtout, avais-je vraiment envie de m'en remettre?
Tout était tellement différent du monde dans lequel j'avais vécu jusque là...
Et puis j'ai appris qu'avoir un but dans la vie, quelque chose de suffisamment fort et important, pouvait me pousser à m'en remettre. Il fallait que ce soit une cause qui me dépasse, une cause que je ne pouvais pas anéantir ni maîtriser.
J'ai choisie d'avoir des croyances, mes propres croyances, pas une foi toute faite comme le christianisme ou autre, mais quelque chose qui résonne en moi comme une vérité certaine.
Et tout ceci m'a fait comprendre la vie, ma propre vision de la vie, le bien, le mal, ce que j'aime, ce que je hais, ce que je désire et ce que je fuis.
J'ai compris qui j'étais et qui je veux devenir, et j'ai compris mes capacités et ma valeur.
C'est comme si le monde avait enfin un sens, que les choses terrestres n'étaient plus importantes, car elles ne sont que ce que je veux qu'elles soient. J'ai décidé que le monde serait beau et jour après jour, il devient plus splendide encore.
Car j'ai cessé de rejeter le mauvais et de ne voir que ça. J'ai cessé de ne voir que mes ombres. J'ai appris qu'en tout il y a de la lumière et qu'il suffit de la trouver pour que les ombres deviennent sans importance, ou en tout cas moins dures à supporter.
Ca vous parait peut-être trop facile, c'est aussi ce qu'il me semble, et pourtant je suis là aujourd'hui, vivante, dans des vêtements colorés et avec des nuages et des rêves plein la tête, malgré ces peurs et ces phobies qui persistent.
J'ai découvert que le seul remède c'est de chercher sa propre voie et de se battre sans relâche pour l'atteindre, en s'aidant de tout ce qu'il y a de lumineux autour de nous. Sincèrement. Stéphanie.


Les bonnes idées

De : zazatopeck

« …s'en sortir complètement, me paraît une grande ambition, un rêve difficile à atteindre, mais vivre avec en s'adaptant, en acceptant qu'on n'aura pas la vie de monsieur tout le monde, qu'il faudra adapter son mode de vie avec la claustrophobie, l'agoraphobie, ou la phobie sociale (pour moi), c'est déjà faire un pas… »

« …Moi, ce qui me fait du bien, ce qui atténue l'angoisse ou du moins qui la rend un peu plus vivable, c'est quand je sens que je suis écoutée, que les personnes ne jugent pas, ne me disent pas de "me bouger", et quand je me sens comprise… »

« …Bien sûr, j'essaie de garder un minimum de contact social, mais je ne force plus comme une malade si ça ne va pas, j'ai remarqué que ça ne sert à rien. Il faut mieux se limiter à faire baisser le niveau d'angoisse pour pouvoir tenter plus de choses par la suite, dans de meilleures conditions, que de lutter à tout pris et faire la crise, qui va provoquer un renforcement négatif sur la situation… »


De : betty42891 (Message d'origine) Envoyé : 04/04/2008 01:01
Bonjour, j'ai 42 ans et je souffre d'une phobie particulièrement handicapante pour moi. Je ne sais précisément s'il s'agit d'une phobie sociale ou d'une éreuthophobie (peur de rougir). Quoiqu’il en soit les 2 sont liées et m'empêchent d'être QUI je dois être. Je m'explique. J'aimerais me rendre à des concerts de musique classique, des colloques (de psycho), apprendre à jouer du piano, aller au devant des gens qui partagent mes nombreuses passions. Et au lieu de cela, je reste enfermée dans mon antre protectrice - mon appartement. J'ai rencontré un comportementaliste qui refusait de sortir de son bureau pour m'aider - si bien que j'ai acquis les outils cognitifs nécessaires à mon évolution mais je bloque littéralement lorsqu'il s'agit de les mettre à l'épreuve. Mon travail, en contact avec le public, me stresse énormément. Je ne sais par quel bout prendre ce problème.
Les conseils, je les connais par coeur. C'est pourquoi, je pensais qu'en rencontrant quelqu'un qui a les mêmes difficultés que moi (donc de l'Yonne), nous pourrions nous épauler mutuellement pour mieux avancer…

De : féerique1 (Message d'origine) Envoyé : 28/11/2006 11:47
Bonjour! Je m'appelle Karine. Je viens de l'île de la Réunion. Je suis phobique sociale. Je suis très mal à l'aise lorsque je suis en groupe. Et quelque soit le groupe. Qu'il s'agisse d'un groupe d'amis ou de la famille (oncles, tantes, cousines venant me rendre visite). Dans ces situations, j'ouvre très peu la bouche.
J'ai également de plus en plus peur de sortir de chez moi de peur de tomber sur quelqu'un que je connaisse. Etant au chômage, je m'attends à de l'incompréhension de la part d'autrui. Dans ces moments là, je ne sais pas quels sujets de conversation aborder.
Je souhaiterais beaucoup communiquer avec des personnes ayant le même problème que moi pour me sentir moins seule face à ce problème.
Cordialement, Karine

De : zazatopeck Envoyé : 04/12/2006 01:07
Bonjour Karine,
Je suis à peu près dans le même cas que toi. Pour moi, la foule ça commence à 3 ... c’est à dire 2 personnes en plus de moi. J'arrive encore à peu près à discuter avec une seule personne mais pas trop longtemps, et pas n'importe qui. Au-delà, ça devient très angoissant. Même avec mes parents ça devient dur en ce moment. Ca ça me désole parce que ce sont les seules personnes qui m'ont comprise (pas au début, mais assez rapidement) et qui me soutiennent toujours, alors que je sais très bien que ça ne dit pas être facile de vivre avec quelqu’un qui est dépressif et phobique. Ils m'aident beaucoup et j'aimerais leur rendre cet amour et ce soutien.Moi aussi, je parle le moins possible, surtout quand il faut donner une opinion car j'ai peur d'avoir à me justifier, j'ai toujours peur d'être jugée, évaluée ... alors je me tais !

De : kalashovakunitedstates Envoyé : 29/01/2007 18:00
Salut miss, j'ai lu ton message, je m’y suis un peu reconnu dans le passé, ce que je peux te dire pour l'instant, c'est juste: BON COURAGE!
Moi je suis déjà passé par le chômage, et j'assume; je n'ai pas honte de le dire car personne ne m'aide pour m'en sortir et je ne le cri pas non plus sur tous les toits car certaines personne ne se gêneront pas pour me "descendre".
Enfin bref, c'est ma vie et je la gère comme je peux !
Pour ce qui est des gens qui me mettent mal à l'aise (en groupe ou seule), je lève ma tête, j'essaye de ne plus du tout leur porter attention car je m'encombre l'esprit pour rien alors qu'eux se fichent de ma santé, je dis bien j'essaye car c'est dur de faire ce que je dis, il faut du temps, tu comprends?!
Voilà, si je peux t'apporter quelque chose de positif je suis là! K.

De : gpasdepseudo Envoyé : 29/04/2008 05.50
Moi c’est tout le contraire, quand il y a du monde j’éprouve le besoin de parler beaucoup justement pour éviter de subir des silences qui me laisseraient penser que l’on me juge, et de parler avec des attentions et des compliments particuliers comme pour « plaire » à chaque personne et pour ne pas qu’on dise de moi ensuite que je suis mal dans ma peau mais un type bien. Voilà. Théo.


Attaques de panique

kalanga1963
Envoyé : 25/08/2003 00:51
Bonjour, le suis nouvelle participante dans le groupe, donc je me présente un peu ... Je m'appelle Chantal, j'ai 42 ans et je suis phobique sociale, cela a commencé il y a environ 17 ans mais je ne m'en rendais pas compte, je pensais que vu les problèmes que j'avais, cela était normal d'avoir une telle réaction. Lorsque je croisais une personne, je détournais le regard de peur de croiser le sien...et petit à petit, insidieusement, celle maladie s'est installée de plus en plus fort...
Il y a un an, j'en étais arrivée au point de ne pas quitter ma maison même accompagnée de mon époux, toutes les excuses étaient bonnes; lorsque le téléphone sonnait, j'étais prise de panique et parfois il m'arrivait de ne pas répondre!!! Et si on sonnait à la porte, je faisais semblant qu'il n'y avait personne, cela était devenu invivable pour ma famille et pour moi-même aussi bien entendu. L'an passé, j'ai suivi une TCC et celle-ci m'a beaucoup aidée à savoir mieux gérer mes attaques de panique et mes angoisses, je comprends bien mieux la maladie et depuis, j'ai recommencé à sortir, d'abord accompagnée et depuis peu seule!!! J'ai même pris le train seule, chose que je n'avais plus fais que ce soit seule ou accompagnée depuis 15 ans. Et j'en suis fière... J'ai encore des attaques de panique, mais moins souvent et je les gère maintenant; quant aux angoisses, oui elles sont toujours là et je ne peux m'empêcher de toujours voir le coté négatif des choses. Mais en ce qui concerne ma phobie sociale, je pense que je suis sur la bonne voie et j'espère y rester car la vie que j'ai menée et qu'il m'arrive encore parfois de mener n'est pas une vie. Ne pas sortir, avoir peur du regard des autres, ne pas oser répondre au téléphone ou ouvrir la porte sans avoir la peur au ventre. Enfin, ceux qui sont comme moi me comprendront je pense... Voila, je me suis présentée, un peu longuement peut-être et je m'en excuse auprès de ceux que j'aurais pu ennuyer. Amitié à tous, Kalanga.


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L'Assertivité ou "affirmation de soi dans le respect d'autrui"



Être assertif, c'est être capable de s'exprimer directement ou librement, sans détour, et toujours avec considération et respect de l'autre. L'assertivité définit une grande qualité de communication dans laquelle on se respecte soi-même autant que l'on respecte l'autre. Viser l'assertivité, c'est passer du stade de la relation au stade de la véritable communication.Nous sommes tous aujourd'hui sociables ou sociabilisés, mais sommes-nous en capacité de communiquer avec l'autre ? Car cela implique un niveau de conscience et une humanisation profonde des échanges.Être assertif, c'est avant tout bien se connaître, s'accepter tel que l'on est, avec ses qualités et ses défauts. C'est aussi savoir entendre et écouter, s'ouvrir aux autres, ne pas avoir peur des "retours". C'est être simple, authentique et juste avec soi et les autres. Progresser dans cette voie, c'est éviter de tomber dans les travers des attitudes que sont la fuite, la manipulation ou l'agressivité, génératrices de tensions, d'incompréhensions et de frustrations. L'assertivité peut sembler délicate, voire difficile ou utopique à la lecture de cette définition, c'est un vrai cheminement pour un réel confort de vie et une réelle efficacité pour soi-même et pour les autres.

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