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Paroles d'agoraphobes
Coucou_c_mumu
Envoyé : 26/08/2007
14:25
Bonjour, je
m'appelle Muriel, j'ai 22 ans
et ça fait
5 ans que je suis agoraphobe.
Au début j'avais
un peu de stress pour aller
dans les centres
commerciaux jusqu'à ce que
je ne puisse
plus sortir car je ne pouvais
plus prendre
le train, plus être à l'école,
plus prendre
l'autoroute, plus être seule
dans la rue.
Je suis restée enfermée chez
mes parents
pendant un an, j'arrivais à faire
50 mètres à
pied c'est tout. Mes parents en ayant marre ont prévenu l'hôpital
et ont voulu
m'interner dans un hôpital psychiatrique
donc une ambulance
est venue me chercher
sans qu'on
me dise rien, je me suis sentie
piégée. Comme
je faisais tarder le départ
avec l'ambulance
ils ont appelé la police,
là je me suis
dit qu'il ne fallait pas que
je fasse de
crise sinon on allait me prendre
pour une folle.
Donc je suis montée dans
l'ambulance
et le monsieur m'a tellement
mise en confiance
je n'ai pas fait de crise
d'angoisse.
J'ai vu les médecins qui ont
conclu que
je n'étais pas folle et que ça
ne servait
à rien de m'enfermer. Après ça j'ai pu bouger en voiture car cela
m'a permis
de comprendre qu'il ne m'arriverait
rien.
Je suis allée
à Paris, je prenais la voiture
toute seule,
j'ai travaillé dans un Mc Do.
Tout a été
bien pendant environ un an, je
me suis installée
avec mon copain, donc chez
moi tout va
bien, je n'ai pas de problème.
Mon problème
est que je ne peux plus bouger
comme avant,
j'arrive juste a faire 5 km
au maximum
et avec quelqu'un, jamais toute
seule. J'ai
envie de m'en sortir vraiment.
Je voudrais
faire de l'hypnose mais je n'arrive
pas à trouver
d'adresse à côté de chez moi,
je vis dans
le 91. Et je pense que par ce forum je peux peut-être
aider quelqu'un,
qu'on pourrait s'entraider.
À BIENTÔT
Fluffy
Envoyé : 11/12/2007
11:20
Bonjour à tous,
je suis agoraphobe
depuis
l'âge de sept
ans. J'ai du
mal à me faire
à cette situation.
Mon mari a
eu du mal à
comprendre
ce problème
de santé mais maintenant
heureusement
qu'il est là
car sinon je resterais chez moi toute la journée. Je ne peux pas prendre les transports en
commun, traverser
les routes
est pour moi
une épreuve
plus que difficile.
J'essaye
de vivre normalement
car j'ai un fils de 12 ans qui a besoin de moi
mais cela n'est
pas toujours
facile. Il comprend
ma maladie
et souvent
c'est lui qui m'aide
dans mes gestes
quotidiens.
J'aimerais
savoir si quelqu'un
est arrivé
à combattre
cette phobie
et si la guérison
est possible
et comment
? Car j'ai été suivi par beaucoup de psychologues
et psychiatres
mais sans succès.
Je suis
sous antidépresseurs
depuis de longues
années.
J'espère avoir des réponses de personnes
ayant ou ayant
eu ce problème.
Je vous remercie.
Filippelove
Envoyé : 04/04/2004
19:21
Hello, moi
c'est filippe,
ca fait un bail
que je n'ai
plus donné
de nouvelle pour la
bonne raison
que j'ai retrouvé
goût a la
vie!
Vous m'avez beaucoup aidé quand j'allais
mal, je venais
sur le forum, et il y avait toujours quelqu'un pour m
'écouter (Dieu sait que c'est rare, l'écoute ). J'ai
trouvé du travail
où je me sens
mieux. Je
commençais
une agoraphobie,
j'avais peur
de tout, mais
un jour je
me suis regardé
dans mon miroir,
et me suis
posé la question:
pourquoi avoir
peur? j'ai
eu la soudaine
force de vouloir
m'en sortir,
et voila qui
est fait.
Merci à tous,
je vous adore.
À bientôt.
De : Miss_pouce
Envoyé : 11/02/2005
11:31
Bonjour! Voila
j'ai 17 ans et je suis agoraphobe. En fait moi ça a commencé il y 'a environ
4 ans, j'étais
dans une foule immense pour un concert...et
là j'ai paniqué,
j'ai perdu
le contrôle de
mon corps et
j'ai subis
le sentiment de dépersonnalisation
que je trouve
insupportable. Je me suis à plusieurs reprises évanouie.
En fait je
panique dès
que la foule est en
mouvement,
il suffit que
je sois dans une
file d'attente
et que quelqu’un
me bouscule
pour que je
panique! C'est
insupportable,
je ne sais
pas quoi faire,
j'ai surtout très peur que mes crises évoluent
et qu'un jour
je n'arrive
plus à sortir de
chez moi. J'attends vos témoignages.
Merci beaucoup!
De : fabissi
Envoyé : 15/02/2005
03:24
Bienvenue au
Club !! Moi
aussi je suis agoraphobe
et je vis un
enfer.
Ce n'est pas
facile, je suis totalement devenue prisonnière de
mon domicile
je ne sors
plus depuis 5 mois à part quelques exercices que je m'efforce
de faire chaque
jour c'est à dire quelques
tours de quartiers
(pour le moment accompagnée)
au début je
faisais 100 m... et à ce jour
env. 800 m.
Le gros problème
est que je suis totalement coupée du monde extérieur
(amis, proches,
chercher mes
enfants à l'école,
courses, resto, etc.) ne sont plus d'actualité et
j'en souffre
terriblement.
Dès que je monte
dans une voiture
(même accompagnée)
l'angoisse est si puissante la crise de panique
que tous les
agos connaissent
que j'ai dis
STOP car à
chaque fois
dans la voiture, quand
une crise survient,
elle se finit
par un
évanouissement et de ressentir tout cela me paniquait d'avantage.
Je suis bien
consciente
que ces symptômes
ne sont pas
dangereux c'est
seulement notre
corps qui réagit
ainsi face
à nos peurs j'ai toujours été agoraphobe au début c'était
dans les magasins,
foule, etc,
et cela à
pris de l'ampleur
depuis 2 ans
et cela est
devenu un cercle
vicieux....car
je vis dans
un enfermement
total. Je m'accroche,
je tiens
bon, même si
je pleure souvent
le "ras
le bol"
d'être ainsi…
De : Ponan
Envoyé : 16/02/2005
21:56
Je suis aussi
agoraphobe.
Je te comprends
bien. Je n’ai qu’à anticiper ma sortie pour faire
des nausées,
vertiges et compagnie se mettent de la partie. Je
suis une thérapie,
dont j’ai annulé
plusieurs
rendez-vous
à cause de
malaises. Moi,
je
ne peux passer
la ligne tout
le tour du
terrain.
Il faut vraiment
que je fasse
de gros effort
pour sortir.
J’ai commencé
comme ça. Tous les jours, ouvre la porte puis fait
un pas dehors
et reviens
en dedans.
Lorsque
tu t’habitues
un peu, fais
en un autre.
Continue
jusqu’ à ce
que tu puisses
aller jusqu’au
coin de la
rue. Ça prend
du temps, mais
ça
fini par marcher.
Maintenant
je peux aller
conduire mon
fils à la garderie
3 jours par
semaines.
Bonne chance!
Filippe
De : Mariepierre
Tout a commencé
en juillet
1994, alors
que
j'étais au
volant de mon
véhicule et
que
j’effectuais
un trajet que
je connaissais
par coeur.
J'ai été soudain prise d'une crise de panique
terrible, sans
aucune explication.
Ce phénomène
est arrivé
sans prévenir
et sans que
j'en
comprenne les
raisons. La panique a été tellement forte physiquement
(sueur, tremblement,
accélération
du pouls,
vision trouble)
et émotionnellement
(panique
incontrôlable)
que tous les
jours qui ont
suivi, durant
8 longues années
j'ai vécu
dans la crainte
que cela ne
se reproduise.
Ce fut le cas.
Plusieurs fois
par jour, dès
que j'étais
seule, ou dès
que je sortais
de chez moi,
que je devais
aller seule
en
ville, dans
les grandes
surfaces, affronter
la foule. Toutes
les situations
de la vie
courante sont
devenues invivables
et quasi
impossible
pour moi dès
cet instant.
J'ai
cru que je
devenais folle,
dépressive
et
je n'en ai
parlé à personne,
sauf à mon
mari
et ma mère
qui ne comprenaient
pas. Moi non
plus d'ailleurs.
Mon mari est
alors devenu
mon ombre dès
que je devais
sortir de la
maison. Je
ne mettais
plus le nez
dehors
sans lui et
il a été très
patient et
compréhensif
durant toutes
ces années.
En 1999, je
me
suis remise
à travailler.
J'ai repris
confiance
en moi, mais
toujours en
évitant les
grandes
surfaces seules,
la foule, les
trajets en
voiture seule
etc…Un jour
je suis tombée
sur une émission
TV qui parlait
d’agoraphobie
et je me suis
entièrement
reconnue. J'ai
fait alors
des recherches
sur internet.
Mais
j'en suis restée
là, je mettais
juste un
mot sur mon
mal être. En
Novembre 2001,
mon
agoraphobie
est devenue
telle que je ne parvenais plus à traverser la cour
d'école de
mes enfants
sans avoir
vertiges,
sueurs, angoisses, etc... Il en était devenu de même pour traverser
le parking
de mon lieu
de travail
et certains
longs couloirs
de l'hôpital
où je travaille.
Tout me devenait
impossible.
A bout de nerf,
j'ai décidé
de me prendre
en main. La
vie
est trop courte,
j'ai 2 enfants
de 5 et 2
ans et j'ai l'impression de ne pas avoir tout vécu
avec eux de
part mon handicap. Mon médecin à qui je n'avais jamais non
plus parlé
de mon problème,
m'a donné l'adresse
d’un psychiatre
et ce fut une
révélation.
Enfin quelqu'un
qui pouvait
m'expliquer
tout
ce que je subissais,
qui me rassurait
et
qui a su me
redonner la
force de combattre
mon problème.
Aujourd'hui
ma thérapie
est
terminée. Je
vais faire
mes courses
seule,
je fais de
la route seule,
je n'ai plus
aucune
crise de panique
: JE REVIS
ENFIN. Mais
dès
que je suis
fatiguée, l'alerte
rouge se manifeste,
mon agoraphobie
est là qui
me tarabuste,
mais je sais
enfin me raisonner,
la combattre
ou parfois
la subir. Voilà
un bref récit
de mon parcours.
Je souhaite
bonne chance
à tous les
agoraphobes
et leur donner
espoir et confiance
pour qu’ils
retrouvent,
j’en suis sûre,
une vie normale.
La vie est
trop courte
pour se la
gâcher
avec un tel
problème.
De : CELINE349
Envoyé : 25/10/2008
15:02
Bonjour
J’ai 41 ans,
j'habite dans
l'Hérault,
j'ai
deux enfants
10 et 8 ans,
un ami avec
qui
je vis depuis
le mois d'août.
J’ai toujours
été sujette
à l'agoraphobie
mais j'arrivais
à prendre sur
moi.
Mais voila,
depuis le début
de l'année
mon
état s'est
aggravé, agoraphobie
+ anxiété
généralisée
et sûrement
dépression,
dépersonnalisation,
déréalisation,
insomnie etc...
Je suis en arrêt de travail, je sors difficilement, j'ai peur de tout
surtout des
malaises que
je fais même
chez
moi
Les docs ont
essayé des
antidépresseurs
et
anxio qui m'ont
rendu encore
plus malade.
Depuis deux
jours je suis
obligée de
reprendre
un AD et un
peu de lexomil
sinon c'est
invivable,
je pense a
des choses
morbides et
c'est horrible...
COMMENT ME
SORTIR DE CET
ENFER??
Je ne dors plus, je tiens a peine sur mes
jambes tant
je suis fatiguée,
j'ai des vertiges
et je ne peux
pratiquement
rien faire, j'ai une psy depuis peu, je la vois la semaine
prochaine,
si je peux
me déplacer!
De : phanie
(Message d'origine)
Envoyé :
16/11/2005
13:57
Bonjour, Voilà
je suis agoraphobe
depuis
8 ans, je suis
déjà venue
sur se forum,
mais
je passe très
souvent inaperçue.
Durant ces
8 ans d'agoraphobie,
il y a eu
des hauts et
des bas. Des
périodes de
bonheur
et des rechutes.
Je suis restée 2 ans sans sortir de chez
moi au début. Ensuite j'ai réussit à passer mon
permis tant
bien que mal,
mais ça n'a
rien
changé à mon
état, une fois
le permis obtenu,
tout est redevenu
comme avant.
Au début je
voulais m'en
sortir seule,
sans psy. Aujourd'hui
j'aimerai être
aidée mais
je n'arrive
pas
à aller voir
un psy, je
sais que certain
se déplacent,
mais ça aussi
sa me fait
peur.
Si j'écris
aujourd'hui
c'est qu'évidemment
ce n'est pas
un bon jour
pour moi, j'ai besoin de parler.
Je n'aime pas
me plaindre,
je suis assez
timide, pudique
sur ma vie,
mes pensées.
J'ai perdue
mon père il
y'a une semaine,
suite à un
cancer des
poumons. Je
n'ai pas
été capable
d'aller lui
dire au revoir,
ni
même d'aller
à son enterrement.
Evidemment
dans ma famille
tout le monde
n'as pas apprécié,
certains ne
comprennent
pas cette maladie.
En plus pendant
deux jours
il m'a été
impossible
de rester seule
à la maison,
alors qu'avant
j'aimais rester
seule.
Aujourd'hui,
j'ai perdue
ma fierté,
j'ai
envie de changer,
de réussir
professionnellement,
de quitter
le nid familial
(à 28 ans il
serai
tant), mais
je n'arrive
pas à bouger,
je
vie de rêves,
mais j'en peut
plus. Je me demande sans arrêt si je suis quelqu'un
de bien, pourquoi
moi, si je
m'en sortirai
un jour. Je
désespère. Je n'ose plus parler de mes rêves, mes projets,
parce que j'arrive
pas à les réaliser,
je
sans que je
déçois, même
moi j'en viens
à
me décevoir.
J’ai cru que
la perte de
mon père, me
donnerai
un bon coup
pied au derrière,
pendant deux
jours, j'ai
eu envie de
changer, de
le rendre
fière de moi
même si il
est plus là.
Mais
aujourd'hui,
tout est devenu
comme au début.
C’est un cercle
sans fin, impossible
de sortir,
donc impossible
d'aller chez
le psy, de
travailler,
(ce n’est pas
faute de chercher,
un job à domicile, que des arnaques !). Financièrement je touche le RMI, mais je
sais que se
n'est pas une
solution, je
ne
demande pas
à gagner beaucoup
d'argent, juste
trouver ou
me créer un
job qui me
permet
de survivre.
J'aimerai avoir
des conseils
qui me permettraient
d'aller mieux,
de m'en
sortir. J'aimerai
communiquer
tout simplement
parce que ceux
qui sont agoraphobes
savent
qu'on peut
compter ses
amis sur les
doigts
d'une main
dans cette
maladie. Merci
de m'avoir
lu. Phanie
De : lucyole
Envoyé : 30/01/2006
18:10
Salut phanie!!
Je suis à peu
prés dans la
même situation
que toi, ça fait presque 7 ans que ça dure, j'ai
27 ans, je
suis une thérapie
depuis un peu
moins d'un
an, je suis
sous anti dépresseur
et anxiolytique,
ça va un peu
mieux mais
ça n'est encore
pas ça.
Si tu veux
que l'on discute
tu trouveras
mon adresse
dans mon profil!!
Courage à toi
et à bientôt.
De : voyce
Envoyé : 01/01/2008
02:27
Bonjour Phanie,
je suis ago
depuis au minimum
15 ans, et
après avoir
tout tenté,
une seule
chose commence
à donner des
résultats positifs;
l'autohypnose et la visualisation. Il faut absolument se débarrasser de notre discours intérieur
négatif. Je sais qu'il existe en France des gens
réputés à ce
niveau, si
tu pouvais
y avoir
accès, je crois
que cela te
donnerait un
bon coup de
pouce. Pour
ma part, la
psychanalyse
ne m'a pas
vraiment aidée,
même si elle
a
fait du bien
côté libération.
Tu sais, tu
retrouveras
la lumière
au bout de
ce tunnel,
c'est certain.
Essaye de ne
jamais te décourager,
ou le moins
possible. Acceptes
tes crises
si tu es capable, ne te déprécie pas la dedans. Même si elles changent nos vies, même si
elles bouleversent
nos existences,
elles
nous permettent
en même temps
d'apprécier
les petits
moments de
la vie. Combien
nous
sommes fiers
de réussir
à faire des
choses
tout à fait
normales pour
les autres..!
Mais
la norme est
celle que nous
nous fixons,
pas celle de
la société.
C’est toi face
à
toi...
Personnellement,
je ne suis
pas guéri à
100
% mais la vie
est plus douce
qu'auparavant.
Je ne vais
pas ou je veux,
et pas tjrs
seule,
mais, suis-je si hypothèquée? Quand je vois les gens qui courent autour
de moi, je
me demande
après quoi
courent-ils?
Avec l'aide
de l'hypnose
et de la visualisation,
j'atteindrai
peut-être un
juste milieu?!
En tout cas,
ça a amélioré
grandement
ma
condition.
Cesser la caféine
aussi! On ne
se rend pas
tjrs compte
de notre consommation
de coca et
de caféine,
mais...ouffff
ils
sont de vrais
démarreurs
de crise! ;)
Garde courage
et le soir,
quand tu es
sur
le point de
t'endormir,
répètes toi
ton désir
de guérison.
Essaye d’imaginer
ton objectif
de vie normale
juste avant
de sombrer
dans
le sommeil
profond car
là est l'endroit
où
ton subconscient
est le plus
à l'écoute
de
tes désirs.
Et tu verras,
il travaillera
en ta faveur.
Ce sont les
petites choses
simples qui
nous aider
vraiment.......et
une médication
peut aider
à y voir plus
clair.
Voyce
Histoire de
Joëlle
De Joëlle
C'était un
dimanche soir,
je me souvient
. Je rentrais
tranquillement
en voiture de
l'hôpital de
Lille où je
suis infirmière.
Quand, soudain,
mon coeur s'est
mis à battre
à toute vitesse,
mes mains à
trembler, mon
front à ruisseler
de sueur. Il me semblait que cette autoroute qui s'ouvrait
devant moi
à perte de
vue, je n'en verrais
jamais le bout.
Je ne pouvais
pas me l'expliquer,
mais j'avais
la certitude
absolue que j'allais
mourir, ici,
maintenant
!
Tant bien que
mal, je me
gare sur la bande
d'arrêt d'urgence
de l'autoroute
et j' ouvre
la vitre pour
respirer un
peu d'air frais.
Et très lentement,
comme une vague
qui reflue,
mon angoisse
s'est atténuée,
puis a disparu
comme elle
était venue...
La crise n' a duré
que cinq minutes.
J'ai mis ce moment de panique incompréhensible
sur le compte
de la fatigue
et je n'y ai
plus pensé.
Mais une semaine plus tard, sur cette même
route, une nouvelle crise d'angoisse s'est
emparé de mo! En roulant au pas, j'arrive
à rentrer chez moi. Là, je m'effondre, exténuée,
sur le canapé du salon. Cette fois, la crise a duré un bon quart
d'heure. J'ai pensé qu'il ne fallait plus que je
reprenne cette route, que je devais absolument
trouver un autre chemin, avec des cabines
téléphoniques pour appeler à l'aide, et aussi
des pharmacies pour qu'on me donne des médicaments
en cas de problème. J'ai fait un itinéraire
qui allait me rassurer, mais aussi rallonger mon trajet d'une heure !
Le lendemain, j'emprunte mon nouveau parcours
: aucune crise d'angoisse ! Je suis soulagée,
j'en profite donc pour m'arrêter au supermarché. Mais là, sans prévenir, la panique revient.
La foule, les néons aveuglants, je n'aie
plus qu'une seule idée en tête : sortir de là. Tout
de suite. A tout prix ! Comme une enfant
terrifiée, j'abandonne mon chariot et, sous le regard
médusé des
clients, s'enfuit en courant.
Je ne comprenais
rien à ce qui m'arrivait,
les amis à
qui j'en parlais se voulaient
rassurants.
Ils disaient qu'après quelques
jours de vacances
il n'y paraîtrait plus.
Seulement, les crises se multiplient et elle se déclenchent
n'importe où, n'importe quand : un jour, lors d'une réunion dans la salle
de conférences, je dois sortir, au bord de
l'évanouissement ; un soir, au cinéma, je
quitte la salle en plein film : c'est la foule qui m'empêche
de respirer...
Je ne pouvais plus travailler, plus sortir
sans redouter de devoir m'enfuir. Je me défilais
dès qu'il fallait faire un long trajet...
Il n'y avait pas un matin où je pouvais me
lever sans avoir peur... d'avoir peur.
Un soir, au retour d'un dîner chez des amis,
je ressens des picotements dans les doigts.
Le temps d'ouvrir ma porte et les démangeaisons
ont envahi ma poitrine, mes bras ; mon coeur
bat à tout rompre ! Je me suis dit que j'étais en train de faire
un infarctus et j'ai appelé mon frère à l'aide.
Je suis transportée aux urgences cardiologiques
où je subis des examens pendant quarante-huit
heures.
Pour les médecins, j'étais en parfaite santé,
mais moi, je savais bien qu'il y avait autre
chose. Alors je suis allée consulter un médecin en qui j'avais toute confiance. Lorsque je lui ai parlé de mon impossibilité
à rester dans un hall de gare ou d'aéroport,
dans une salle de réunion ou dans tout autre
endroit surpeuplé, il m'a dit tout de suite
: "Ne cherchez pas, vous êtes agoraphobe".
Il m'a envoyée chez un psychiatre qui, en
tant que médecin, m'a prescrit des antidépresseurs
et chez un psychologue qui m'a aidée à combattre
ma peur, notamment en se rendant avec moi sur les
lieux où je me sentais mal...
Ca a pris du temps, beaucoup de temps, pourtant
les crises se sont espacées et, un jour,
exactement comme elles étaient venues, elles
ont disparu pour ne plus jamais revenir !
Cela fait cinq ans aujourd'hui que je suis
guérie. Les premiers temps, je redoutais
qu'une angoisse ne resurgisse à l'improviste,
mais maintenant, je n'y pense même plus...
Je n'aie plus peur de l'espace, même pas...
l'espace d'une seconde !
Bises à tous
Joëlle.
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